Discours du 1er mai 2022

 Chères et chers camarades,

Le 1er mai demeure un symbole de l’engagement syndical : celui de la solidarité ouvrière, du refus de l’exploitation, de l’aspiration à l’émancipation individuelle et collective, de l’action collective et de l’internationalisme.

C’est aussi un engagement pour la paix.

Et ce premier mai, plus que d’autres ces dernières années, est placé sous le signe des appels à la paix alors que la guerre en Ukraine se poursuit avec, chaque jour, la révélation de nouvelles horreurs, atrocités, que subissent tant d’hommes, femmes, enfants, familles entières du fait des exactions et crimes commis par les troupes russes.

Plus de deux mois de guerre, deux mois de bombardements, deux mois de destructions massives, deux mois de barbarie, deux mois d’exodes… Des dizaines de milliers de réfugiés ukrainiens sont déjà arrivés ou continuent d’arriver en France, deux tiers d’entre eux sont des femmes seules avec enfants. Ils doivent être accueillis, comme tous les réfugiés, accompagné, soutenus, hébergés…

Ne nous laissons pas gagner par la fatalité, la résignation… Clamons toujours haut et fort notre aspiration à l’arrêt de tous les conflits, de la guerre, notre aspiration à la paix !

La solidarité ouvrière à chaque fois qu’elle peut être sollicitée répond présente, quand où que ce soit dans le monde, la paix, la démocratie, la liberté mais aussi le syndicalisme, l’action syndicale, sont menacés ou réprimés.

Sommes-nous condamnés à subir ? Nous ne pouvons pas agir directement pour faire taire les armes. Mais nous pouvons nous exprimer, manifester, rappeler notre attachement à la paix. Dès le lendemain de l’invasion russe, nous avons pris l’initiative d’un communiqué des 5 confédérations pour nous opposer à cette guerre, pour exiger une paix immédiate.

Nous avons réaffirmé avec force le préambule de la constitution de l’OIT (Organisation internationale du travail) affirmant qu’une paix universelle et durable ne peut être fondée que sur la justice sociale.

Avec le mouvement syndical européen et international, nous relayons auprès des gouvernements et des institutions les attentes des syndicats ukrainiens. Une pétition en ligne et un fonds de solidarité ont été mis en place par la CES et la CSI.

Un convoi syndical a été lancé par les organisations françaises, pour apporter une aide matérielle aux camarades des confédérations ukrainiennes. La solidarité internationale ne s’est pas limitée à l’Ukraine.

En lien cependant avec cette situation, nous venons d’apprendre l’arrestations de militants syndicalistes en Biélorussie, et avons fait part avec la CSI de notre protestation. Dans d’autres régions du monde, cette solidarité est nécessaire.

Toujours avec Hong Kong et avec la Birmanie… Avec l’Afghanistan, où nous travaillons à l’accueil de syndicalistes en exil qui ont fui le régime des talibans, à leur relogement avec notre UD du Nord et l’hébergement du syndicat en exil, pour qu’il puisse poursuivre son activité depuis la France.

Nous sommes aussi confrontés aux répercussions de la guerre sur notre vie quotidienne.

Nous en subissons déjà les conséquences, les moins favorisés surtout. Nous sommes confrontés à l’augmentation des prix, aux difficultés d’approvisionnement en biens et alimentation essentiels.

Nous voyons les prix qui continuent d’augmenter, sur les étals des supermarchés, à la pompe, sur nos factures de gaz, de fioul ou d’électricité. Les prix du pétrole, du gaz mais aussi du blé et de nombreuses matières premières s’affolent !

Le niveau d’inflation a provoqué une augmentation automatique du SMIC. 40 euros bruts à partir de ce 1er mai. Elle sera vite absorbée.

Dès l’automne, nous avions demandé un coup de pouce significatif sur le Smic et sur le point d’indice de la fonction publique.

Nous avions appelé à des négociations salariales dans les branches et dans les entreprises.

Dans tous les secteurs, de nombreux conflits – parfois longs – ont été engagés par ou avec nos syndicats dans des entreprises pour exiger des augmentations de salaire.

Certains ont débouché positivement, dans la grande distribution, dans l’industrie, la sureté aéroportuaire, les secteurs du transport, Pole emploi, la collecte des déchets de plusieurs grandes villes.

Chez Amazon, des mouvements de grèves ont touché quasiment tous les sites français de l’entreprise pendant près de trois semaines pour obtenir une augmentation de 5% des salaires.

A ce sujet, une bonne nouvelle – elles se font rares compte tenu de l’Etat du monde : aux Etats unis, sur un site d’Amazon situé dans le district de New York, un syndicat a enfin pu s’implanter, à la suite du vote des salariés.

Aujourd’hui, maintenant, les salariés, les ménages ne doivent pas subir les répercussions de la guerre et des sanctions économiques.

Demain, pour ne plus subir, nous devrons renforcer notre production électrique et notre souveraineté énergétique tout en répondant aux impératifs de la transition climatique. Nous ne pouvons pas y être indifférents. Cela doit se faire avec et pas contre les salariés, et avec de l’emploi industriel sur notre territoire.

A nouveau, reçus par le Premier ministre le 8 mars, nous avons appelé à ce que les emplois et salaires soient protégés.

Une fois de plus, comme nous l’avions déjà mis en avant pendant la crise sanitaire, les profits réalisés, qui ont atteint des niveaux records ces derniers mois, doivent revenir à celles et ceux qui les produisent : aux travailleurs et aux ménages, pas aux dividendes !

Des dispositions contraignantes et fiscales en ce sens sont indispensables !

Nul ne doit profiter de la guerre !

Il est indispensable que des dispositifs soient pris pour bloquer la hausse des prix sur les produits de consommation courante, sur l’énergie et les carburants.

Mes chers camarades, vous le savez, nous sortons de l’élection présidentielle, la campagne pour les législatives va s’ouvrir. Retraites, dialogue social, assurance chômage, les sujets vont être nombreux…

Si de nombreux commentateurs se sont félicités que les questions sociales soient au centre de cette élection, les propositions diverses qui fleurissent en matière de salaires ou de retraites notamment ne sont pas forcément un gage de progrès pour les salariés !

Bien évidemment, nous avons réagi sur le recul de l’âge de départ à la retraite, car pour FO, 65 ans ce n’est pas acceptable : 62 ans et 43 années de cotisations, pour beaucoup c’est déjà beaucoup trop !

Nous disons non à un tel recul et nous mettrons toutes nos forces pour convaincre de nos raisons de nous y opposer, pour l’en empêcher.

C’est inacceptable car le recul de l’âge de la retraite aura comme seul effet de baisser globalement le niveau des pensions alors que le seul effet des réformes passées – qui sont déjà très pénalisantes pour les salariés (recul à 62 ans et allongement de la durée de cotisation à 43 ans, désindexation des pensions des salaires) – conduira selon différentes projections à l’horizon 2070 à une baisse de 2 points de PIB du niveau global des pensions.

C’est inacceptable car cela obligera un grand nombre de salariés à prolonger leur carrière pour ceux qui sont encore en emploi et cela obligera tous les autres qui ne sont déjà plus en emploi (un sur deux n’est déjà plus en emploi à 60 ans) à rester plus longtemps dans la précarité, à trouver un revenu de substitution dans l’indemnisation chômage, la pré-retraite, l’invalidité ou pire, les minimas sociaux.

Et pas d’illusions, celles et ceux concernés par les carrières longues ou la pénibilité devront partir plus tard avec un tel projet.

Si les retraites seront au centre de nos débats, les sujets ne manquent pas : il nous faudra reparler salaires, pouvoir d’achat, emploi, réforme fiscale, sécurité sociale, négociation collective, paritarisme, services publics, réindustrialisation, protection du climat, laïcité, renforcement des droits, développement de notre organisation…

Nombre de salariés ne sont pas ou sont insuffisamment représentés, notamment dans les petites ou très petites entreprises, ou encore les salariés en situation de précarité, à temps partiel, en CDD ou en intérim, avec un petit salaire, ou bien en situation de chômage.

Chers camarades, nous aurons de nombreux combats à mener.

Rassemblés, unis, libre et indépendante, ambitieuse et conquérante FO est là ce 1er mai 2022,  il faudra compter avec elle pour défendre droits des femmes et des hommes au travail, les salaires, la sécurité sociale, les retraites et pour faire avancer le progrès social, la justice sociale, la Paix et la Liberté !

Vive le 1er mai des revendications !

Vive FORCE OUVRIERE !